FULLER SAMUEL (1911-1997)

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Samuel Michael Fuller est né le 12 août 1912 à Worcester, dans le Massachusetts, à quatre-vingt kilomètres de Boston. Élevé à Manhattan, il commence très tôt à travailler pour le New York Journal, comme coursier puis comme journaliste. En 1929, il est le plus jeune reporter affecté aux affaires criminelles de New York. Puis il voyage à travers le pays et travaille à Philadelphie, Harrisburg, Chicago. On le retrouve au Chronicle de San Fancisco et au Sun de San Diego. Dans les années 1930, il écrit divers livres sur des sujets d'actualité : Burn, Baby, Burn (1935), Test Tube Baby (1936) sur l'insémination artificielle, Make up and Kiss (1938), sur les produits de beauté « et tout l'argent qu'il y a derrière ». De 1937 à 1940, il travaille comme « ghost writer » pour le cinéma et signe officiellement son premier scénario en 1938 (Gangs of New York de James Cruze). Il est mobilisé en 1941, après avoir terminé un nouveau roman, The Dark Page (L'Inexorable Enquête) qui ne sera publié qu'en 1944. De 1942 à 1945, il est caporal dans la première division d'infanterie américaine, The Big Red One, en Afrique du Nord, en Italie, en France et en Allemagne où il découvre les camps de concentration.

Après la fin de la guerre, Samuel Fuller rejoint Hollywood, à la demande de son agent Jimmy O'Hanlon, et sert de « nègre » à un écrivain de théâtre. Il propose plusieurs scénarios, mais aucun ne sera filmé, à part The Lovers, qui sert de base à Shockproof (Jenny, femme marquée de Douglas Sirk, 1949). Il accepte d'écrire un film pour un salaire minimum si on le laisse en assurer la réalisation. Ce sera I Shot Jesse James (J'ai tué Jesse James, 1949), tourné en dix jours, où il prend le contre-pied du western classique en faisant le portrait de l'assassin d'un héros mythique de l'Ouest. L'année suivante, il tourne The Baron of Arizona (Le Baron de l'Arizona), histoire d'un escroc qui tente de voler l'Arizona aux États-Unis, et The Steel Helmet (J'ai vécu l'enfer de Corée), premier film sur la guerre de Corée, qui coûta 100 000 dollars et rapporta 6 millions de recettes. Darryl Zanuck le prend alors sous contrat à la Twentieth Century Fox, où il réalise en 1951 Fixed Baionets (Baionnette au canon), également sur la guerre de Corée, et, en 1953, Pick up on South Street (Le Port de la drogue), superbe film noir mettant en cause un réseau d'agents communistes à New York. Lion de bronze au festival de Venise, le film ne sera distribué en France qu'en 1961, et la version doublée remplacera les communistes par des trafiquants de drogue. Considéré comme « fasciste » par une partie de la presse de gauche, le film expose, en fait, le climat de peur engendré par la guerre froide et prend pour « héros » un pickpocket qui n'agit pas par patriotisme, mais par intérêt. Une fois de plus, Fuller joue les iconoclastes.

Suivront Hell and High Water (Le Démon des eaux troubles, 1953), House of Bamboo, (La Maison de bambou, 1955), film noir tourné au Japon et résolument antiexotique, Run of the Arrow (Le Jugement des flèches, 1956), western dans lequel un Blanc choisit de vivre chez les Indiens, China Gate, (1957), sur la situation en Asie qui mènera à la guerre du Vietnam, Forty Guns (Quarante Tueurs, 1957), western flamboyant et féministe, Verboten (Ordres secrets aux espions nazis, 1958), sur la survivance des idées nazies dans l'Allemagne d'après guerre, The Crimsom Kimono (1959), plaidoyer pour le rapprochement entre cultures différentes, Underworld USA (Les Bas-Fonds new-yorkais, 1960), où la pègre est assimilée à une entreprise capitaliste, Merril's Marauders (Les maraudeurs attaquent, 1961), le modèle même du film de guerre. Allégorie du monde vu comme un asile d'aliénés, Shock Corridor (1963) est aussi une vigoureuse dénonciation de la course à l'armement atomique et du racisme. Dans The Naked Kiss (Police spéciale, 1963), Fuller fustige l'hypocrisie sociale à travers l'itinéraire d'une ex-prostituée devenue éducatrice d'enfants handicapés.

Son indépendance et sa liberté de ton sont mal perçues en Amérique. Après avoir essayé de réaliser une adaptation des Fleurs du mal en France et vu un de ses films, Shark (1969), mutilé et dénaturé par son producteur, il tourne Un pigeon mort dans Beethovenstrasse en Allemagne (1972), et ne retrou [...]

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  • Raphaël BASSAN
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Pour citer l’article

François GUÉRIF, « FULLER SAMUEL - (1911-1997) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 mars 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/samuel-fuller/