OPHÜLS MAX (1902-1957)

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Le cinéaste « européen »

En 1933, après l'incendie du Reichstag et l'attribution des pleins pouvoirs à Hitler, Max Ophüls s'installe à Paris, où on lui propose de tourner, sous le titre Une histoire d'amour (1933), une version française de Liebelei, qui connaît, bien que parlé en allemand, un immense succès. Erich Pommer, chassé de la direction de la U.F.A. par les lois raciales, vient d'ouvrir à Paris un bureau de production pour la 20th Century Fox. Il lui confie la réalisation de On a volé un homme (1934), un film policier dans lequel il ne se sent guère à l'aise. Puis il part réaliser en Italie La Signora di tutti (1934), « un sombre drame de la jalousie » (Max Ophüls). De retour en France, il signe Divine (1935), sur un scénario de Colette, puis, après deux « Cinéphonies » pour le critique Émile Vuillermoz, La Tendre Ennemie (1936), d'après une comédie boulevardière d'André-Paul Antoine qu'il avait mise en scène à Breslau. Après deux mois passés à Moscou pour un projet de film, Max Ophüls se rend en Hollande pour réaliser Komoedie von Geld (1936), une pochade. L'insuccès de ses derniers films l'oblige à accepter Yoshiwara (1937), grotesque mélodrame « russo-japonais ». Il enchaîne avec Werther (1938), d'après Goethe, Sans lendemain (1939), mélodrame feuilletonesque, et De Mayerling à Sarajevo (1940), « roman d'amour mélancolique », pour reprendre les termes d'un critique de l'époque. Ces deux derniers films sont tournés dans les conditions difficiles de la « drôle de guerre ».

De cette carrière « française », dont Max Ophüls a pu dire lui-même qu'il l'avait « gâchée », mais dont on ne saurait l'incriminer en raison des conditions dans lesquelles elle fut menée, il ne se distingue qu'un film, Werther, où le metteur en scène approche la « grâce » de Liebelei. Apparaissent cependant, de-ci de-là, des éléments de tous ordres qui font qu'aucun des films qu'il a signés n'est inintéressant. En outre, tous, à des degrés divers, reprennent, développent, amplifient les caractéristiques de ses films allemands : richesse décorative, fonction du décor, fluidité du découpage, ton nuancé, en demi-teinte, délicatesse du trait.

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, professeur d'histoire du cinéma

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  • Marc CERISUELO, 
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Dans le chapitre « La France, de la poésie à la littérature »  : […] Sous l' Occupation, le cinéma français devient inévitablement un cinéma d'« évasion ». Les Allemands ont offert leurs capitaux pour maintenir une production française. Mais, pour la contrôler, ils ont créé aussi le Centre national du cinéma qui a survécu à l'Occupation, à la Libération, et par lequel le gouvernement continue à surveiller le cinéma français. Pourtant, malgré de grandes difficultés, […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Alain GAREL, « OPHÜLS MAX - (1902-1957) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mars 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/max-ophuls/